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Texture audio abstraite d’une paroi en mousse acoustique, studio insonorisé, motif géométrique anti-bruit.
Le feedback, aussi appelé effet Larsen, désigne ce phénomène de rétroaction acoustique où un microphone capte le son émis par un haut-parleur, le réamplifie en boucle, provoquant un sifflement aigu souvent désagréable. Très courant en sonorisation, notamment sur scène avec des guitares électriques ou des systèmes de micro, ce larsen résulte de la création d'une boucle sonore amplifiée jusqu'à saturation. Ce bruit caractéristique dépend directement de facteurs techniques comme la distance entre micro et enceinte ou le niveau de gain. Comprendre ce mécanisme permet non seulement de limiter le feedback, mais aussi parfois de l'exploiter musicalement.

Le feedback (larsen) est un phénomène de rétroaction acoustique en boucle produisant un sifflement aigu

Le feedback, connu aussi sous le nom d’effet Larsen, désigne cette boucle de rétroaction audio qui se crée entre un microphone et un haut-parleur. Le son amplifié diffusé par l’enceinte est capté à nouveau par le micro, qui le renvoie dans le système, provoquant un cycle d’amplification répétée. Ce processus débouche sur un sifflement aigu ou un hurlement souvent jugé insupportable.

Cette rétroaction acoustique, typiquement appelée boucle de rétroaction positive, génère une amplification cyclique exagérée du signal sonore. C’est précisément ce phénomène que l’on nomme « Larsen effect » à l’international, clairement distinct du feedback dans son sens plus général de « retour d’information ».

Le feedback est très courant dans les environnements de sonorisation en direct, notamment sur scène où l’on utilise des micros et des amplis guitaristiques. Il s’impose comme un défi technique récurrent que tout musicien ou ingénieur du son doit savoir maîtriser.

Le feedback résulte d'une boucle sonore avec amplification répétée jusqu'à saturation

Formation de la boucle sonore

Cette boucle apparaît quand un micro capte le son émis par un haut-parleur situé à proximité. Ce signal capté est ensuite envoyé dans le système d’amplification puis restitué par l’enceinte, d’où il est à nouveau capté, et ainsi de suite, créant un cycle sans fin d’amplification.

Augmentation progressive de l’intensité

À chaque passage dans la boucle, le signal gagne en intensité. Il s’amplifie jusqu’à atteindre une saturation du matériel audio qui se traduit par un larsen évoluant du simple bourdonnement à un cri aigu et strident, particulièrement désagréable pour l’auditeur.

Facteurs acoustiques déterminants

L’intensité et la fréquence du feedback dépendent de plusieurs paramètres : le gain appliqué au microphone, la distance entre micro et enceinte, la directivité du micro, ainsi que la configuration et l’acoustique de la pièce. Le matériel (sensibilité et réponse en fréquence) influence également ce phénomène.

Tonalité stable liée aux résonances

Ce mécanisme engendre souvent une tonalité à fréquence fixe, propre aux résonances spécifiques du lieu et à l’équipement utilisé. Ces tonalités sont quasi-systématiquement caractérisées par des pointes particulières dans la plage fréquentielle.

Les causes principales de l’effet Larsen incluent la proximité micro-enceinte et les niveaux de gain élevés

Impact de la distance micro-enceinte

Réduire la distance entre le microphone et l’enceinte augmente considérablement le risque de feedback. Selon boseprofessional.com, chaque division par deux de cette distance peut accroître le gain avant l’apparition du larsen d’environ 6 dB.

Influence du gain et du volume

Un réglage trop élevé du gain ou du volume crée une condition favorable à l’établissement et au maintien de la boucle de feedback. Contrôler ces paramètres est donc indispensable pour éviter le phénomène.

Orientation inadaptée microphones et enceintes

Lorsque les micros sont directement orientés vers les enceintes, la captation du signal amplifié devient trop forte, favorisant ainsi l’apparition du Larsen. Une mauvaise disposition sur scène intensifie le problème.

Effets acoustiques secondaires aggravants

La réverbération excessive, la distorsion amplifiée ou une configuration acoustique inappropriée de la salle peuvent renforcer et faciliter la formation du feedback, rendant son contrôle encore plus complexe.

La prévention et réduction du larsen reposent sur un positionnement et réglages techniques précis

Placement stratégique des haut-parleurs et microphones

Positionner les enceintes au-devant de la scène, orienter leurs faisceaux loin des micros et éviter une ligne directe entre micro et enceinte limite fortement le retour sonore. Ce positionnement réduit la captation accidentelle des signaux amplifiés.

Contrôle du volume et du gain

Maintenir des niveaux modérés évite la suramplification. Limiter l’intensité du signal à boucle est une mesure essentielle pour empêcher que le feedback ne se développe.

Utilisation d’égaliseurs et filtres spécifiques

Les égaliseurs graphiques ou paramétriques permettent de cibler précisément les fréquences à risque. En particulier, les filtres notch coupent la bande étroite où le Larsen se manifeste, réduisant efficacement le problème.

Emploi de noise gates et noise suppressors

La noise gate coupe automatiquement le signal en dessous d’un seuil, éliminant les bruits parasites comme hums ou buzz. La noise suppressor atténue de manière plus subtile les bruits, sans couper brutalement le son, ce qui préserve la musicalité.

Positionnement des enceintes sur scène

Placer les enceintes au-dessus des épaules ou légèrement décalées brise la ligne directe entre micro et enceinte, réduisant la captation du signal amplifié et diminuant le risque de feedback.

Configuration microphone et enceinte sur scène pour éviter le feedback lors d'un stage microphone speaker setup.
Configuration microphone et enceinte sur scène pour éviter le feedback lors d'un stage microphone speaker setup.

Certaines techniques et équipements exploitent ou contrôlent activement l’effet Larsen

Certains amplificateurs pour guitare acoustique sont équipés de fonctions anti-Larsen intégrées. Le bouton d’inversion de phase en est un exemple concret, permettant d’annuler les vibrations conflictuelles en modifiant la phase du signal amplifié, ce qui réduit la rétroaction.

Le bouton notch agit comme un égaliseur très sélectif, capable de couper précisément la fréquence responsable du feedback. Cette fonction réduit considérablement la puissance de la boucle sonore nuisible sur une plage étroite.

Au-delà du contrôle, certains artistes exploitent intentionnellement le feedback à des fins créatives, notamment dans les musiques électriques et expérimentales. Des pédales d’effet dédiées facilitent ces créations sonores basées sur le feedback.

Maîtriser le Larsen exige une compréhension fine des phénomènes acoustiques et une gestion technique combinant placement, réglage et traitement du signal. Chaque configuration exige tests et ajustements ciblés en conditions réelles pour être optimale.

On privilégie ainsi la mesure précise des paramètres, la surveillance active des niveaux de gain, et une adaptation aux spécificités du lieu et du matériel. Cette démarche rigoureuse assure une gestion efficace ou une exploitation artistique du phénomène.

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