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Choisir un mixeurChoisir un mixeur

Présentation d'une table de mixage.
La console amplifiée
La table de mixage analogique.
La table de mixage numérique.
9 points à connaître avant de choisir un mixeur.
Les spécificités techniques de la table de mixage.

Présentation d'une table de mixage

Une table de mixage (ou console, ou mixeur) est un boîtier électronique qui mélange et achemine (ce qu’on appelle le routage ou routing) des signaux audio en modifiant leur niveau et en y ajoutant, le cas échéant, des effets. Et ce sont ces paramètres qui importeront au moment de choisir son mixeur : le nombre de voies disponibles, la souplesse d’utilisation des routages avec les entrées/sorties disponibles et les bus proposés (un bus consistant, pour faire simple, à la réunion d’un certain nombre de voies).

Evidemment, le débutant ne manquera pas de s’effrayer devant le profusion de réglages offerts mais il doit considérer que chaque bande verticale correspond à une voie (un signal quelconque) qui se multiplie autant de fois qu’il y a de pistes ! Donc, ce ne sont que les répétitions de ce qu’on appelle une tranche et une fois que vous aurez appris le fonctionnement d’une de ces tranches, vous aurez quasiment tout compris !

Chaque voie (ou piste, c’est du pareil au même) du mixeur peut être mono ou stéréo, et comporter une prise d’entrée au format XLR, jack ou Rca. Au passage, sachez que les prises symétriques (XLR et parfois jack) produisent moins de bruits parasites que les modèles asymétriques ; ce qui deviendra important au moment de choisir ses connexions (instruments ou micros par exemple). 

Pour chacune des voies, on trouve un potentiomètre de gain (aussi appelé « trim ») qui permet d’atténuer ou d’amplifier le signal entrant dans le mixeur ; puis, parfois, des points d’insert qui serviront à l’envoi et au retour du signal de cette voie dans un effet ou un traitement quelconque. Les potentiomètres suivants sont généralement réservés à l’égalisation (basses, médiums, aiguës) plus ou moins évoluée selon les modèles. Puis on trouve un bouton de panoramique qui permet de placer le signal dans l’espace, autrement dit de l’extrême droite à l’extrême gauche de votre effet stéréo.

Au bas de chaque tranche, un potentiomètre ou, le plus souvent, un curseur linéaire appelé « fadeur », permet de contrôler précisément le niveau du volume de cette piste. Des réglages individuels par tranche qui sont doublés d'un curseur de volume général (master), se situant en général à la droite de la console, affectant le niveau de toutes les pistes en sortie.

Donc, chaque signal entre dans une voie et subit les traitements que nous venons de décrire. Ne reste plus qu’à combiner ces voies en mixe général (si elles sont toutes regroupées) ou en sous-groupes ou bus (si vous ne souhaitez en combiner que certaines pour un traitement particulier). Ainsi, par exemple, vous allez regrouper les pistes de batteries, ou de chant, dans un même groupe dont vous pourrez ensuite régler le volume avec un seul fadeur de groupe !

Pour terminer ce petit tour d’horizon non exhaustif, sachez que la partie monitoring de votre mixeur permet d’entendre soit via un casque soit par des petits enceintes d’écoute, une piste, un groupe, le mixe général, à votre guise.

Dans le monde de la table de mixage, comme dans bien d’autres, si abondance de biens ne saurait nuire, ne pensez pas qu’il vous faut forcément le haut de gamme avec d'innombrables entrées. Evaluez vos besoins présents et imaginez, le cas échéant, ce que sera le futur proche : vous éviterez ainsi des achats somptuaires que vous risqueriez de regretter par la suite.  

La console amplifiée

On appelle « console amplifiée » un boîtier qui réunit une table de mixage et une amplification, sorte de tout-en-un rationnel. Qui peut s'imposer si le lieu de votre spectacle ne réserve que peu de place à l’installation de la sono. Car il s’agit d’un matériel conçu dans un format compact et pratique, bien plus facile et à mettre en place et à utiliser. Autre avantage de ce système, à l'image de la chaîne hifi intégrée, nul besoin de câblage compliqué : un seul et même boîtier comprendra tout ce dont vous avez besoin (hormis les enceintes, évidemment), ce qui, de surcroît, vous assurera la compatibilité de l'ensemble.

A l'image d'un appareil photo autofocus conçu pour les néophytes, qui automatise la plupart des manipulations, la console amplifiée vous épargnera la lecture de modes d'emploi rébarbatifs. Ce qui ne manquera pas de soulager les réfractaires à la technique… Revers de la médaille, il ne faut pas demander à la console amplifiée d’offrir toutes les subtilités de réglages présentes sur un système décomposé ! Sans compter que si l'un des composants de la console amplifiée lâche, c’est toute votre sono qui sera hors d’état. Par ailleurs, le principe même du tout-en-un de la console amplifiée ne permet pas d'ajouter facilement, au fur et à mesure des besoins, les éléments périphériques qui amélioreraient sa configuration ; ça n'est pas prévu pour cela !

Enfin, sachez que les constructeurs ne proposent que rarement de très grosses puissances pour ce type de matériel. Ce qui, en clair, signifie qu'au-delà de 300/400 watts, il vous faudra impérativement passer à un système détaillé, console plus amplification.

La table de mixage analogique

Si les consoles analogiques présentent le défaut d'accroître les bruits parasites et de connaître quelques encrassements des parties mécaniques, elles offrent l'avantage de reproduire la réalité du signal audio tel que nous l'entendons. Alors que le numérique poursuit une course infinie vers une perfection finalement peu… réaliste.

Et c'est ainsi que nous sommes confrontés aujourd’hui à des matériels numériques à 48 kHz, puis à 96 kHz, et sont annoncées les 192 kHz ! Ca n'a pas de fin. Mais sachez que les musiciens les plus pointilleux en ce qui concerne la qualité du timbre des instruments, les jazzeux et les classiques, privilégient le matériel analogique… 

Autre particularité de la table analogique, elle présente rarement des effets intégrés, contrairement aux consoles numériques; il faudra donc en prévoir l'achat (et le budget !) le cas échéant. Enfin, l’analogique ne permet pas de sauvegarder, d’enregistrer tous ses réglages d’un concert à l’autre, impliquant une balance d’avant-concert forcément un peu plus longue. Bref, une situation à mûrement peser avant d'effectuer son choix.

La table de mixage numérique

L’un des avantages de la table de mixage numérique, comme nous venons de le voir, c’est qu’elle contient le plus souvent tous les effets nécessaires au traitement du son : compression, délai, limiteur, etc. De plus, le numérique permet de sauvegarder (enregistrer, mettre en mémoire) tous les réglages et autres routings ! Sans parler de l'automation et des mémoires de scène (ce qui signifie la conservation en machine de l'intégralité des paramétrages d’un mixe précis) qui permettent de passer d'un projet à l'autre d'une simple pression de bouton.

Autre avantage du numérique : les connexions avec un éventuel système d'enregistrement deviennent d'une simplicité biblique. Plus besoin de câbles multipaires qui non seulement alourdissent la facture mais ont le don de s'emmêler et de compliquer la vie du sonorisateur.

Revers de la médaille, la table de mixage numérique coûte davantage que sa consœur analogique. Mais offre, outre les bénéfices abordés précédemment, des fonctions vraiment utiles.

Ainsi, pour l'égalisation, si n'importe quelle console numérique dispose d'une égalisation paramétrique complète, elle propose également les indispensables filtres passe-haut et passe-bas qui, s'ils existent également en analogique, aggravent alors sérieusement la facture. D'où l'importance de la comparaison du montant total de votre installation avant d'opter pour l'analogique ou le numérique. 

Par ailleurs, grâce aux connexions Midi et USB, voire S/PDIF ou autres, les tables numériques se transforment aisément en contrôleurs pour recevoir ou transmettre n'importe quel paramètre, de votre logiciel informatique ou de vos périphériques, grâce à une horloge synchronisée !

A la lecture de ce qui précède, vous aurez compris que le choix entre analogique et numérique devrait être pesé sous peine de regretter amèrement son choix.

9 points à connaître avant de choisir son mixeur

Voici une liste non exhaustive des questions à se poser au moment de choisir une table de mixage. Il ne s’agit pas de se perdre dans les méandres des spécificités techniques (même si cela comporte un intérêt évident) mais de survoler le sujet tout en préservant  l’essentiel.

  1. Vérifiez que les boutons de potentiomètre sont solidement fixés et qu’ils ne vous restent pas dans les mains après deux ou trois mouvements rapides. D'autant qu'en situation de prestations live, vous ne maîtriserez pas forcément toute la délicatesse du matériel !

  2. De la même façon, assurez-vous que ces boutons présentent un diamètre suffisant et qu’ils ne sont pas tous serrés les uns contre les autres. A priori, vous avez des mains et des doigts normaux qui n'apprécieront pas les miniaturisations excessives.

  3. Dans le même esprit, les boutons de deux tranches adjacentes doivent pourvoir être tournés simultanément sans gêne d’aucune sorte. Un moyen facile : tournez avec les mains gauche et droite, en même temps, deux boutons mitoyens. Ca le fait… ou pas.

  4. Si la majorité des tables de mixage respecte un ordre dans le positionnement vertical des boutons, il s’avère que certains fabricants s’amusent à innover en la matière. A fuir comme la peste car en passant d’une console à l’autre, au fil du temps, vos automatismes deviendront vos pires ennemis !

  5. Les codes couleurs ainsi que les étiquettes de chaque bouton doivent être lisibles en toutes circonstances ! Car bien souvent, en concert, vous passerez d’une lumière blanche éblouissante à un rouge sombre en quelques secondes !

  6. Il faut également s'assurer qu’en position assise ou debout les leds restent visibles et ne se cachent pas derrière tel ou tel bouton… Vous éviterez ainsi bien des erreurs d’interprétation de votre panneau de contrôle !

  7. Un potentiomètre, pas plus qu’un fadeur (curseur linéaire) ne doit ni cracher, ni craquer, ni souffler… Bref, ils doivent se montrer parfaitement silencieux.

  8. Les connexions Casque doivent offrir un niveau de sortie suffisant pour une écoute en toutes circonstances même si vous disposez d'un réglages de volume du monitoring. Et ce, sans distorsion d’aucune sorte ! A cet égard, un réglage de niveau dédié au casque est idéal..

  9. Vérifiez que l’égalisation des fréquences les plus hautes ne provoque pas un boost intempestif au-delà de 20 kHz  (un surcroît de niveau d’un ou de deux décibels semble raisonnable) et évitez à tout prix les boosts de 10 ou 15 dB, sous peine de faire souffrir les haut-parleurs !

Les spécificités techniques de la table de mixage

Si les spécificités des tables de mixage, et notamment de leurs connexions, se montrent rarement à la portée du citoyen ordinaire, il n’en est pas moins nécessaire de connaître la réalité qui se cache derrière ce jargon. Voici donc quelques explications qui devraient vous apporter l’assistance nécessaire au moment de l’achat.

Le niveau d’entrée maximum (maximum input level) permet d’éviter que le signal source (un micro par exemple) n’envoie un signal inapproprié à l’entrée du mixeur, ce qui conduirait alors à la saturation dudit signal. Malheureusement, dans la pratique, il va falloir traduire le mesure de sensibilité du micro (exprimée en mV/PA, soit millivolts par Pascal) qui définit l’amplitude du signal que délivre le micro pour une pression acoustique donnée, en tension (exprimée en dBu) si le fabricant du micro n’en fournit pas la mesure ; dans ce cas, sachez qu’il existe des tables de conversion facilement trouvables sur internet. Cela effectué, il n’y a plus qu’à comparer le niveau du micro à celui de l’entrée de la table.

Le coefficient de distorsion harmonique (Total harmonic distortion ou THD) précise la valeur des harmoniques ajoutées (par votre matériel) à un signal source donné. Autrement dit plus ce THD se montre proche de 0, et mieux cela vaut puisque cela indique que le son a peu subi de modifications « parasites » en cours de traitement.

La réponse en fréquences (frequency response) mesure l’amplitude d’un signal à l’intérieur d’une bande de fréquences. Cette réponse en fréquence est exprimée en dB et se présente le plus souvent de la façon suivante : +0/-1dB @ 35Hz-20 kHz que vous lirez « de zéro à moins 1 dB de 35 Hertz à 20 kiloHertz ». Pour faire simple, sachez qu’une oreille humaine ne se montre guère sensible à une modification inférieure à 1dB et qu’une réponse à +/- 1 dB semble minimale pour un appareil de nouvelle génération.

Le rapport signal sur bruit (signal to noise ratio ou SNR) indique simplement la quantité de bruit parasite que va créer la table de mixage pour un signal donné. Malheureusement, pour comparer ce genre de mesure fournie par le fabricant, il faudrait connaître le niveau du signal testé, sa bande passante et si des filtres limiteurs ont été utilisés. Ce que les constructeurs ne s’empressent pas de communiquer pour présenter le rapport signal sur bruit le plus flatteur. Donc, à manier avec prudence.