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Choisir ses microsChoisir ses micros

Les spécificités d'un micro.
Les types de micro.
Les micros sans fil.
Prendre soin de ses micros
6 points à connaître avant de choisir un micro.

Les spécificités d'un micro

Il ne s’agit pas ici de faire un grand cour de physique et d’électronique mais de décoder le jargon abscons des brochures techniques. Car, en fin de compte, ce sont ces spécificités qui vous éclaireront sur les capacités du micro. Le problème, c’est qu’une même information sur deux specs ne valent pas comparaison puisque rien ne dit qu’elles ont été mesurées dans les mêmes conditions ! Autrement dit, le fabricant donne-t-il ces mesures dans leur version supérieure (forcément flatteuses) ou dans leur moyenne (bien plus sincères, donc) ?

Ainsi, les niveaux de distorsion, de bruit ou de sensibilité ne seront pas les mêmes selon le niveau de référence utilisé pour ces mesures, même si cela donne une estimation.

De la même façon, assurez-vous que la réponse en fréquence indiquée précise la bande de fréquences concernée, car là aussi les constructeurs tendent à mettre en avant la plage de fréquences la plus flatteuse. Une bande de fréquences notée en Hertz, des graves vers les aigus, en sachant que, grosso modo, l’oreille humaine entend de 20 Hz à 20 kHz ; une donnée indispensable à connaître afin qu’elle corresponde à la plage de fréquences créée par la source (un instrument, une voix).

La sensibilité d’un micro se mesure toujours par rapport à une valeur référentielle (généralement à 1 kHz). En comparant deux micros, assurez-vous que cette valeur référentielle est identique sans quoi cette donnée n’aurait aucun sens. Idem pour la niveau SPL (Sound Pressure Level : niveau de pression acoustique) !

Selon vos besoins, vérifiez que votre micro dispose d’un atténuateur commutable en cas de fortes pressions acoustiques (hauts niveaux).

Certains constructeurs indiquent l’épaisseur de la membrane (ou « diaphragme » en anglais) du micro. Si on peut légitimement penser que plus celle-ci se montre mince, plus elle offrira une vibration précise, cela ne vaut qu’en comparant des membranes d’un même matériau.

Les types de micros

Pour faire simple, sachez qu’il existe trois types de micro.

Le micro dynamique (à bobine mobile) comporte une membrane (qu’on appelle aussi «  diaphragme ») reliée à une bobine qui évolue dans un champ magnétique grâce à un aimant; le signal électrique est alors produit par la vibration de la membrane. Robuste, le micro dynamique est surtout utilisé pour la sonorisation de concerts mais plus rarement en studio en dépit de sa faible sensibilité aux hautes fréquences.

Le micro à ruban se compose d’une membrane métallique vibrante qui, grâce au champ magnétique d’un aimant dans lequel elle évolue, produit un signal électrique. Surtout utilisés en studio, les micros à ruban se montrent parfaits pour les cuivres.

Le micro à condensateur (électrostatique) ne comporte pas d’aimant mais une membrane chargée électroniquement. Quand la membrane vibre, la charge change et le signal est amplifié ; ce qui explique la présence d’un ampli intégré. Parfait pour un usage en studio grâce à sa large bande passante, mais nécessite une alimentation (intégrée grâce à une pile, ou fantôme quand elle est délivrée par la console de mixage).

Le micro à électret reprend en gros le principe du modèle à condensateur mais se montre miniaturisable à l’excès. Ce qui semble parfait pour un micro cravate mais pas en musique !

Soyez très attentifs à la directivité annoncée du micro ! Appelée également « diagramme directionnel » ou « polaire », cette mesure spécifie l’angle de captation des sons par un micro. Une directivité qui dépend essentiellement de la forme et des dimensions de la capsule (qui réunit les éléments mobiles du micro). Pour rester simple, il existe trois diagrammes polaires possibles.

Omnidirectionnel : le micro capte tous les sons existant sur 360°. Parfait pour enregistrer une ambiance.

En huit (ou bidirectionnel) : le micro capte les sons devant et derrière lui  mais pas ceux qui proviennent des côtés. Idéal pour deux musiciens se faisant face.

Unidirectionnel (ou cardioïde) : le micro ne capte que les sons situés devant lui et selon un angle plus ou moins fermé ; selon la valeur de l’angle, il sera cardioïde (125° environ), supercardioïde (115° environ) ou hypercardioïde (moins de 95°).

Les micros sans fil

Si, dans un studio d’enregistrement, il paraît simple de brancher les quelques câbles nécessaires, en situation live (en concert, donc), on comprendra vite l’intérêt d’une transmission sans fil. D’autant que, les progrès de la technologie aidant, on dispose aujourd’hui de produits vraiment performants pour quasiment tous les types d’utilisation : chant, instruments, etc.

Sans entrez dans le détail du fonctionnement des fréquences HF, sachez que le système se décompose en deux modules : l’émetteur (un petit boîtier généralement porté à la ceinture auquel se branche l’instrument, dans le cas d’une guitare par exemple), ou bien carrément intégré au corps du micro chant. Un émetteur qui nécessite forcément une alimentation, généralement des piles ou une batterie rechargeable bien moins coûteuse. Cet émetteur dispose d’une antenne qui propage des fréquences préétablies jusqu’au récepteur, un autre boîtier assez similaire à l’émetteur et qui est, lui, branché à l’ampli, ou à la sono. Quand ce récepteur reçoit un signal HF, il le transforme en signal électrique lui-même traduit en signal audio par la chaîne de sonorisation.

Tout le problème maintenant, c’est de faire en sorte que chacun des systèmes sans fil utilise une bande de fréquences propre qui n’interfère pas avec celle d’un autre ! Faute de quoi le mélange des signaux, de la guitare et du chant par exemple, risquerait de devenir explosif… Moralité, si vous comptez utiliser plusieurs systèmes sans fil, assurez-vous qu’ils n’utilisent pas la même bande de fréquences ou bien qu’ils comportent un sélecteur de fréquences. Sans compter que demeure toujours le risque d’interférence avec les communications de la police, d’un taxi ou d’un cibiste forcené si le lieu de sonorisation s’avère particulièrement mal isolé.

A noter que les systèmes diversity comportent une double antenne qui assure une meilleure réception des signaux et se montreront préférables dans le cas de configurations ou de situations hasardeuses.

Prendre soin de ses micros

Ne mésestimez pas l’utilité d’un entretien régulier de vos micros, leur assurant ainsi une vraie longévité. Et pour cela, la règle d’or est simple : un micro, ça se range ! Car, en dehors de son étui, le micro est une véritable éponge : fumées de cigarettes, graisses volatiles, poussières de toutes sortes, présentent la fâcheuse tendance à se déposer sur la membrane qui, du coup, s’épaissit et ne répond plus comme elle le devrait; ce qui entraînera forcément une perte de signal au fil du temps. Car le principe de fonctionnement d’un micro, qu’il soit magnétique ou électrostatique, veut qu’il attire tout ce qui passe à sa portée.

Moralité : un micro se range dans sa boîte puis se stocke dans un placard. Et par la même occasion, essayez, autant que faire se peut, de conserver le câble de branchement du micro dans la même boîte ! Vous épargnant ainsi de nombreuses pertes de temps. Par ailleurs, n’oubliez pas d’ôter la pile située à l’intérieur de votre micro à condensateur si jamais vous ne comptiez pas vous en servir pendant un certain temps ! Une pile, ça coule et ça détériore définitivement un circuit électronique…

Enfin, en cas d’humidité ambiante, placez un sachet de désicant (absorbeur d’humidité) dans la boîte de rangement du micro. L’électronique n’aime pas l’eau.

6 points à connaître avant de choisir un micro

A titre d’aide à l’achat, voici quelques points importants à vérifier avant d’acquérir un micro. Une liste évidemment non exhaustive que pourront compléter, le cas échéant, les spécialistes Musikia à votre demande.

  1. Choisissez un micro en fonction de son usage ! Car pour reprendre le son d’une grosse caisse, mieux vaut prévoir un micro qui encaisse bien les basses fréquences, ce qui ne sera pas forcément le cas pour une flûte piccolo.

  2. Un micro doit se montrer physiquement résistant. Difficile de s’en assurer au préalable mais l’expérience d’autres utilisateurs pourra, le cas échéant, vous être utile.

  3. Un micro doit se montrer le moins sensible possible au bruit ou à toute surcharge intempestive… tout en conservant une extrême sensibilité à la source captée. Difficile paradoxe que les grandes marques savent pourtant résoudre.

  4. Comme pour pratiquement tous les matériels, un micro doit pouvoir se démonter aisément pour permettre un accès rapide en cas de besoin, que ce soit une réparation ou son entretien régulier.

  5. Assurez-vous que la directivité (le diagramme directionnel) du micro correspond bien à vos besoins.

  6. Vérifiez strictement à la compatibilité d’impédance du micro avec celle du matériel auquel vous le brancherez (table de mixage).